jouer plus sûr
Aucun kink n’est sans risque, mais la plupart des blessures viennent de quelques erreurs évitables : laisser quelqu’un seul, des cordes trop serrées, frapper au mauvais endroit, ou personne qui sait quand arrêter. Cette page présente les bases que tout joueur devrait connaître avant de prendre une corde ou un paddle.
Cette page donne des informations générales issues de la communauté kink ; ce n’est ni un avis médical ni une formation. Apprenez en pratique auprès de personnes expérimentées, et voir nos mentions légales (en anglais).
Quelqu’un est blessé en ce moment ?
Si quelqu’un ne réagit pas, a du mal à respirer, a mal à la poitrine ou s’est cogné la tête, arrêtez, libérez la personne et appelez le numéro d’urgence (112 ou 15 en France). Dites clairement aux secours ce qui s’est passé : c’est ce dont ils ont besoin pour aider, et ils ont déjà tout vu. Les numéros de chaque pays sont sur notre page soutien et lignes d’écoute.
chaque scène
- Négociez d’abord. Limites, santé et safeword, convenus avant que quoi que ce soit commence. Notre guide de la négociation propose une liste de contrôle.
- Ne laissez jamais seule une personne attachée, pas même une minute dans la pièce d’à côté.
- Restez assez sobre pour juger. L’alcool et les drogues atténuent les signaux de douleur et ralentissent les réactions des deux côtés.
- Prenez souvent des nouvelles, d’autant plus souvent que vous vous connaissez peu. Une couleur (vert, jaune, rouge) se demande et se répond vite.
- Prévoyez un appel de sécurité. Quand vous rencontrez quelqu’un de nouveau, un ami sait où vous êtes et attend de vos nouvelles à une heure convenue.
- Commencez plus doucement que prévu et augmentez progressivement. On peut toujours ajouter de l’intensité ; on ne peut pas la reprendre.
une trousse de sécurité de base
Gardez-la à portée de main du top, pas dans une autre pièce.
- Des ciseaux de sécurité (ciseaux de secouriste à bout rond) pour couper vite une corde ou du ruban
- Des clés de rechange pour chaque cadenas, menotte et cage de chasteté
- Un téléphone chargé à portée de quelqu’un qui n’est pas attaché
- De l’eau et quelque chose de sucré à manger
- Une couverture pour la chaleur et l’aftercare
- Des gants, des lingettes antiseptiques, des pansements et des compresses
- Des préservatifs, du lubrifiant et une serviette
- Une petite lampe pour les donjons sombres et pour vérifier la couleur de la peau
bondage et entraves
Rien autour du cou.
Aucune corde, laisse de collier ou sangle qui puisse se resserrer sur la gorge, et jamais rien qui fasse porter du poids sur le cou. Une pression sur le cou peut faire perdre connaissance vite et sans prévenir.
Rien sur le nez et la bouche.
Ne couvrez jamais le visage avec quelque chose d’étanche (ruban, film alimentaire, sac), et retirez tout de suite un bâillon si la personne a la nausée ou le nez bouché.
vérifier la circulation et les nerfs
Vérifiez les mains et les pieds toutes les quelques minutes. Ils doivent rester chauds, garder leur couleur normale, pouvoir bouger et serrer votre main. Vous devez pouvoir glisser un doigt sous chaque corde ou menotte.
Engourdissement, picotements, fourmillements, douleur fulgurante ou poigne affaiblie sont des signes qu’un nerf est comprimé. Libérez cet endroit tout de suite, sans attendre la fin de la scène. Une lésion nerveuse peut mettre des semaines ou des mois à guérir.
Faites très attention là où les nerfs passent près de la surface :
- le haut du bras, surtout la face externe entre l’épaule et le coude
- le pli du coude et le poignet
- l’extérieur du genou, juste en dessous
- l’aisselle et l’aine
matériel
- Les menottes en cuir larges et rembourrées répartissent la pression ; c’est le plus simple pour commencer.
- Les menottes en métal peuvent se resserrer si on les cogne ou les serre. Utilisez le double verrouillage, et ne vous en servez jamais pour soutenir du poids.
- Le ruban et le film alimentaire retiennent la chaleur et s’enlèvent difficilement en vitesse. Gardez les ciseaux prêts et surveillez la surchauffe.
- La position compte. Les bras levés au-dessus de la tête ou dans le dos se fatiguent vite et, dans certaines positions, gênent la respiration. Changez régulièrement de position.
- La suspension (soulever quelqu’un du sol) demande une formation en personne. Une vidéo ne suffit pas.
Si quelqu’un devient pâle, moite, a des vertiges ou se sent défaillir : libérez la personne, allongez-la à plat les jambes surélevées (sauf si elle a pu se blesser à la tête, au cou ou au dos), et gardez-la au chaud. Si elle ne revient pas à elle en une minute environ, ou si elle s’est cogné la tête, appelez le numéro d’urgence.
impact
La fessée, le paddle, le martinet et la canne sont plus sûrs sur les gros muscles bien rembourrés, loin des os, des articulations et des organes.
Zones plus sûres. Échauffez et augmentez progressivement : les fesses, l’arrière des cuisses et le haut du dos charnu de part et d’autre de la colonne.
Légèrement, avec soin. Les mollets, les épaules et le haut des bras ne supportent que des coups légers.
À éviter. La tête, le visage et le cou, la colonne et le coccyx, les reins (bas du dos juste sous les côtes), l’arrière des genoux et les autres articulations.
Non représentés : les mains, les pieds, l’avant du corps et les parties génitales. La plupart des coups y sont à éviter, ou à garder très légers et négociés.
bien s’y prendre
- Échauffez avec les mains et des coups légers pour faire venir le sang en surface. Une zone échauffée encaisse plus, et avec moins de dégâts.
- Surveillez les extrémités. Martinets, sangles et fouets peuvent s’enrouler autour du corps et atterrir sur les côtes ou le ventre. Placez-vous à une distance où les bouts tombent là où vous visez.
- Fin et rigide veut dire intense. Les cannes et les cravaches concentrent la force et peuvent ouvrir la peau. Commencez très doucement.
- Peau ouverte, on arrête. Nettoyez et couvrez. Un jouet qui a touché du sang ne se partage pas, et les jouets poreux comme le cuir ne se nettoient jamais complètement.
- Les bleus sont fréquents et devraient disparaître en deux semaines environ. Convenez à l’avance si les marques sont acceptées et où elles peuvent se voir.
après la scène
Le corps et l’esprit ont besoin de temps pour redescendre. Donnez de l’eau, de la chaleur et l’aftercare convenu, et vérifiez la peau, les articulations et les mains. Un coup de blues un jour ou deux plus tard (souvent appelé drop) est fréquent, chez les tops comme chez les bottoms ; un message le lendemain aide.
quand consulter un médecin
- un engourdissement, des picotements ou une faiblesse qui ne passent pas peu après la libération
- tout coup à la tête ou au cou, ou une personne qui semble confuse
- des urines foncées, brunes ou avec du sang après un impact intense (consultez le jour même)
- une douleur forte ou qui s’aggrave, un gonflement, ou une articulation qui ne bouge plus normalement
- une plaie qui rougit, chauffe, gonfle ou laisse couler du pus, ou de la fièvre
La gêne n’est pas une raison d’attendre. Le personnel médical est en général tenu au secret, et dire franchement ce qui s’est passé permet d’être bien soigné plus vite.
apprendre les premiers secours
Une formation de base aux premiers secours et à la réanimation est l’une des meilleures choses qu’un kinkster, top ou bottom, puisse faire. En France, la Croix-Rouge, la Protection civile et d’autres organismes proposent la formation PSC1 en une journée. Certains événements et clubs kink organisent aussi des cours de premiers secours adaptés au jeu. Nos guides sécurité par activité et cordes et bondage (en anglais) détaillent les signaux d’alerte propres à chaque kink.










